21 février 2010

17-19 janvier: Salta

Nous arrivons à Salta le dimanche en fin d'après-midi, après un périple de près de 200kms (Laguna de Brealito - Salta).
La très grande variété de paysages qu'offre cet itinéraire est tout à fait remarquable. Du Parque Nacional de los Cardones, aux hauts plateaux désertiques qui s'étendent entre le Cerro Negro et le Cerro Tin Tin, en passant par la Valle Encantado, jusqu'à l'ascension à la Piedra del Molino, puis la descente vertigineuse de la Cuesta del Obispo, tout n'est que dépaysement.
Imaginez: tout d'abord une route entourée de falaises rouges, peuplée de cardons géants et d'arbustes épineux; puis le désert et ses falaises blanches dont les parois aux formes torturées ne cessent ne rappeler les vents violents qui soufflent sans répit; surgit alors la Valle Encantado aux parois écarlates, aux oasis parsemés et aux décors féeriques; enfin, la Cuesta del Obispo au décor minéral époustoufflant et aux lacets qui ne le sont pas moins.
Sur les conseils avisés d'un Salteño croisé à la laguna Brealito, nous partons directement à San Lorenzo pour trouver un logement. Ce village situé à 7kms de la ville de Salta est le lieu de villégiature privilégié des habitants de la capitale de la province. Il faut bien dire que le cadre est plus qu'agréable: un écrin de verdure sub-tropicale au sein de montagnes luxuriantes et la Quebrada de San Lorenzo, véritable eden dans cette partie de l'Argentine!
Salta la Linda!
Santa Salta!
Il y a des villes où immédiatement on arrive à se projeter et où on sait que l'on pourrait vivre. J'ai eu ce sentiment à Salta. Son architecture coloniale, ses balcons couverts, ses ruelles parfaitement quadrillées, cette douceur de vivre qui est perceptible, la gentillesse de ses habitants, ses musées, ses nuits animées, ses bonnes tables, ses caves à vin remarquables (vivement conseillée: La estacion)... Beaucoup de ce qui m'est indispensable est présent dans cette ville.



Facade del Museo de Arqueologia de Alta Montaña.
Voilà un musée qui met en avant une discipline finalement peu connue et surtout intimement liée à la culture Inca, puisque les montagnes revêtaient un caractère sacré pour les civilisations précolombiennes. Plus de 200 sanctuaires ont été recensés dans toute la cordillère des Andes, dont 40 pour la seule province de Salta. De ces sanctuaires, ont été extraits trois corps "Los niños del Llullaillaco" d'un puit de glace proche du sommet (6739m). Ces corps sont exposés dans le musée et sont 500 ans plus tard, dans un état de conservation tout à fait incroyable. Tellement vivants, tellement intacts, que l'on viendrait à souhaiter qu'ils se réveillent de leur long sommeil.
Car ce qu'ils ont vécu n'est rien d'autre qu'un sacrifice humain.
Chez les Incas, les sacrifices d'enfants ne servaient pas uniquement d'offrande aux dieux. Les petits suppliés étaient considérés comme des ambassadeurs de l'au-delà. Certaines familles faisaient don de la vie de l'un de leurs enfants, d'autres en revanche se voyaient imposer ce sacrifice.
Les enfants partaient le plus souvent de Cuzco en compagnie des prêtres pour un pelerinage vers la mort. Ils parcouraient des centaines de kilomètres du camino del Inca, pour atteindre le point culminant d'une montagne où ils étaient soit immolés soit enterrés vivants. Ils devenaient alors les représentants du peuple, vivant pour l'éternité parmi les Dieux.
Les enfants découverts en mars 1999, semblent dormir et ne portent aucun stigmate de souffrance. L'alcool qui leur était servi et le froid glacial devaient les endormir rapidement pour l'éternité.
Mais la vision de ce petit être de 7 ans recroquevillé en position foetale m'a bouleversée.


A Salta, j'ai prié dans la cathédrale.

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