15 novembre 2010

Supervielle



Pâle soleil d’oubli, lune de la mémoire,
Que draines-tu au fond de tes sourdes contrées ?
Est-ce là ce peu que tu donnes à boire
Ces gouttes d’eau, le vin que je te confiai ?


Que vas-tu faire encor de ce beau jour d’été
Toi qui me changes tout quand tu ne l’as gâté ?
Soit, ne me les rends point tels que je te les donne
Cet air si précieux, ni ces chères personnes.

Que modèlent mes jours ta lumière et tes mains,
Refais par-dessus moi les voies du lendemain,
Et mène-moi le coeur dans les champs de vertige
Où l’herbe n’est plus l’herbe et doute sur sa tige.

Mais de quoi me plaignais-je, ô légère mémoire…
Qui avait soif ? Quelqu’un ne voulait-il pas boire ?



Mais avec tant d'oubli comment faire une rose,
Avec tant de départs comment faire un retour,
Mille oiseaux qui s'enfuient n'en font un qui se pose
Et tant d'obscurité simule mal le jour.



Ecoutez, rapprochez-moi cette pauvre joue,
Sans crainte libérez l'aile de votre coeur
Et que dans l'ombre enfin notre mémoire joue,
Nous redonnant le monde aux actives couleurs.



Le chêne redevient arbre et les ombres, plaine,
Et voici donc ce lac sous nos yeux agrandis ?
Que jusqu'à l'horizon la terre se souvienne
Et renaisse pour ceux qui s'en croyaient bannis !



Mémoire, soeur obscure et que je vois de face
Autant que le permet une image qui passe...





Oublieuse mémoire.

12 septembre 2010

10 septembre 2010: merci...



Barbara, Teresa, Valia, Claire, Chantal, Raphaële, Fabiola, Laurence, Karine, Cecile, Bénédicte, Christèle, Anne Sophie, Rebeca, Sylvie, Carole, Jimena, Florence, Silvina, Cristina, Marisa, Catherine, Wendi, Dominique, Amélie, Emilie, Valérie, Gaetane, Béatrice, Adriana, Brenda, Aurore, Silvana, Josefina, Anne, Fabienne, Delphine, Ana, Christine, Céline...

Jean-Christophe, Frédéric, Nicolas, Benoit, Stéphane, Eric A, Boris, François, Federico, Fred, Nacho, Gustun, Victor, Aymeric, Christophe, Thomas, Christian!

et... Damien D, Barbara S, Stéphanie L, Sophie B et Catherine C... qui seront toujours à part!

04 août 2010

8-9 juillet: Caburé et le Lençois Maranhenses


Le lieu est magique, unique et improbable.
Place aux images!




















































01 août 2010

6-7 juillet: Barra Grande - Paulino Neves- Caburé





La veille au soir, je me suis aperçue d'une chose effroyable! Je maudis ma bêtise: la crétine, mais c'est pas possible d'être aussi crétine! La raison de ma fureur: le chargeur de mon Nikon! Oui, j'ai bien pris un chargeur, mais celui du Sony! Or ma batterie est presque vide et trouver quelqu'un qui aurait le même appareil photo que le mien, relève non plus de la chance mais du miracle! Nikon... pourquoi ai-je la soudaine impression d'une syllabe de trop? Le lendemain, ma fureur n'est toujours pas passée et il n'y a pas que les 32° à 8 heures du matin ou la note plus que salée de la pousada qui me font bouillir!



Allez! En route poulette, coq et coquelets, direction Paulino Neves, dans un bus aussi neuf et entretenu que les coucous communistes qui décollaient de Phnom Penh en 1999 (le pilote bourré en moins)!

L'ambiance dans le bus est conviviale. Le chauffeur quadrille consciencieusement toutes les rues de Barra Grande, s'arrêtant parfois pour discuter avec un passant ou plus incroyable pour récupérer une fourchette au bout de laquelle une côtelette encore chaude et odorante s'expose à la manière d'un trophée. Nous sommes dans le bus depuis 30 minutes, pourtant nous ne sommes toujours pas sortis de ce village qui en tout et pour tout doit compter 2000 habitants!
Et puis soudain, après un virage laborieusement négocié, le chauffeur qui jusqu'à présent avait difficilement dépassé les 10 kms/heure et qui très certainement vient de se rendre compte du retard accumulé, met en branle la carcasse de son engin et roule à tombeau ouvert sur la route non asphaltée. Je me mets alors à prier que l'écriteau que j'avais remarqué en entrant dans le bus: "Local protegido por DEUS 24 horas" ait un fond, juste un fond de vérité!
Et puis, non, non, non.... je ne regarderai pas l'état du plancher! Même pas peur du rafistolage recouvert d'une bâche en plastique qui ne cesse de bouger sous mes pieds, et qui laisse clairement apparaître le bitume que nous avons désormais rejoint!

120 minutes plus tard, nous arrivons sains et saufs à Parnaïba. Oui, les miracles existent au Brésil! Je me retourne et découvre stupéfaite Adrien et Victor tous deux enlacés dans une position invraisemblable et phénomène qui l'est tout autant: endormis! Cela fait trois ans que je suis convaincue que nos enfants sont de vrais routards; à ce point, je ne pensais pas!
14H00: changement de bus éclair à Parnaïba, nous montons cette fois dans un bus au plancher en état et climatisé, en direction de Tutoia. Arrivés à 16H00, nous aurons juste le temps de sortir les bagages des soutes de ce bus de rêve, de les transférer dans une carcasse ambulante, de monter à bord de ce mini bus sans âge aux sièges élimés et crasseux, pour repartir en direction de Paulino Neves. Pendant deux heures, mes pensées iront alternativement de la pauvreté toujours plus grande et présente au fur et à mesure que nous montons vers le nord , au traitement anti-poux que l'on va devoir effectuer ASAP, aux puces que je vois sauter avec allégresse d'un siège à l'autre et qui m'ont toujours adorée et puis bien sûr, à l'Uruguay qui est en train de jouer sa place en finale du Mondial!
Nous arrivons à Paulino Neves en fin de journée, plus exactement au moment du coup de sifflet final qui vient de consacrer les Hollandais. Les garçons sont tristes, je rêve d'une douche! Nous nous retrouvons chez Dona Maze, propriétaire d'une des rares pousadas du village. L'hôtel est humble mais propre et la critique gastronomique du Lonely a définitivement mis en éveil mes papilles gustatives. Dona Maze doit sa réputation à la fabuleuse mariscada dont elle régale ses clients et qui est considérée comme la meilleure de la région. Une douche, une mariscada, et j'oublierai peut-être que je commence à me gratter plus que de raison.
Malheureusement, Maze est fatiguée et part se coucher à 19H00. En relisant la critique un adjectif que j'avais sous estimé me saute aux yeux: "placide", l'auteur parle de la "placide Maze"... je confirme! Pour ce soir je me contenterai donc d'une douche!
Le lendemain, après une nuit épouvantable passée à chasser les moustiques, faire abstraction des coqs qui n'ont cessé de chanter toute la nuit et des puces qui commencent à se régaler de ma peau hâlée, je me lève épuisée à 6H00 peu après le lever du soleil. Tout prend vie à cet instant: une brume légère recouvre le rio Novo, trois enfants courent vers le fleuve et commencent leur toilette matinale. Les cris des mères retentissent déjà dans ces maisons sans fioriture que seule une nature généreuse pare de quelques attraits. Les barques, chargées de filets, descendent le courant tandis qu'un homme baigne deux chevaux. La vie semble s'accélérer aux aurores comme si l'excitation et l'activité matinales palliaient à la langueur des journées.
9H00. Le soleil déjà trop fort anesthésie les habitants. Une lente torpeur s'abat sur le village. Nous arrivons, non sans mal, à trouver un 4X4 qui assurera notre liaison jusqu'à Caburé, soit 25 kms. Ces 4X4 sont incontournables puisqu'aucun autre moyen de transport est capable de passer dans ces pistes de sable aux ornières profondes et multiples. De fait les tarifs appliqués sont totalement prohibitifs et nous nous estimons chanceux de trouver un véhicule à 180 reals soit 90 euros.
Nous traversons une partie des petits Lençois avant de rejoindre le bord de l'océan. Le temps est incertain, les gris se font de plus en plus métalliques, la pluie menace. J'essaie d'économiser au maximum ma batterie afin de pouvoir prendre des clichés des Lençois. Mais je ne résiste pas à sortir mon appareil devant ce spectacle:

30 juillet 2010

4-5 juillet: Barra Grande




La buggy est prête, les sacs sont arrimés au toit, le vent est doux, nous partons au nord en direction de Barra Grande. Après un nouvel arrêt langoustes (décidement on ne s'en lasse pas), nous essayons de gonfler un peu la voile et tirer quelques bords dans un environnement exceptionnel, mais San Pedro n'en finit pas de protéger les pêcheurs et de plomber le moral des kyters!



Nous arrivons en fin d'après-midi à Barra Grande qui de "grande", n'a que le nom. Ce village de pêcheurs ne connaît que depuis peu le tourisme. Sa position géographique, un peu excentrée de la route Jeri-San Luis, a plus que largement contribué à refroidir les investisseurs en quête de rentabilité immédiate. L'on compte néammoins une poignet de pousadas récemment construites aux toits de palme et le plus souvent sur pilotis.

La rareté de l'offre fait gonfler les prix et l'on arrive à l'aberration suivante: dans un village où il n'y a rien, absolument rien, les tarifs appliqués dans les pousadas sont 30 à 40% plus élevés qu'à Jeri! On finirait presque par regretter les sacs plastiques!

On finit par se sentir réellement otage d'un piège touristique dans ce village reculé. Las de se battre et d'essayer de faire entendre raison à un chauffeur de buggy qui nous demande la bagatelle de 120 reals pour un trajet de 20 kms (soit le coût de la connexion Camocim-Barra Grande, 110 kms), nous prendrons le premier et unique bus en direction de Parnaïba, le 6 au matin.

25 juillet 2010

3 juillet: Jeri- Barra Grande

40 kms de sable
110 de bitume
Continuons la route en direction de Barra Grande.
Desert aux dunes pétrifiées.
D'un autre âge, sans âge.


Et au milieu surgit une lagune d'eau douce




Bleue, verte, marron, aux mille contours.



Arrêt buggy dans un lieu unique à l'approche de Camocim.

Pour une halte "dégustation langouste" qui à elle seule justifie mes cheveux hirsutes!

Et le sourire de M. qui vaut toutes les peines du monde!

23 juillet 2010

30 juin-3 juillet: Jericoacoara


Aussi incroyable que cela puisse paraître, la semaine qui suivra la Sao Pedro, sera très calme. Les dynamiques d'habitude si constants sont mous et les thermiques inexistants. D. arrivera néammoins à faire un downwind de plus de 20kms en direction de Camocim.
Arrivée à Jeri en fin d'après-midi. Nous voici dans la Mecque du Kytesurf!
Ancien village de pêcheurs construit sur des dunes et à même le sable, Jeri s'est transformé en un lieu branché, où les pousadas sont plus nombreuses que les habitations traditionnelles. Les prix flambent, parfois sans raison et la première journée nous aurons beaucoup de mal à trouver une justification à cet engouement international, tant nous restons surpris par la saleté qui règne dans de nombreux recoins du village. Si le coeur de la station garde un semblant de propreté, trois rues plus loin en revanche, des sacs plastiques, des copeaux de verre, des bouteilles jetées çà et là, finissent par recouvrir le sable des ruelles, donnant au village un aspect de bidonville.

Dès le lendemain, nous comprenons que si une partie de Jeri est épargnée de cette polution réelle et visuelle, ce n'est que grâce au vent violent qui balayant tout sur son passage, emporte tous les résidus à l'est du village. La course de tout ces déchets s'arrête au niveau des dunes. En discutant avec Jodi, la propriétaire de la pousada dans laquelle nous faisons étape, nous prenons encore plus conscience de l'ampleur du phénomène: l'année dernière la dune la plus à l'est du village fut totalement recouverte de plastiques de toutes sortes. Il fallut une semaine complète à une poignet de bénévoles pour tout enlever. Quatre hôteliers se sont réunis et ont décidé de financer six stands de poubelles dédiés au tri sélectif. Un an plus tard, deux ont été volés et les quatre flambant neufs le resteront longtemps puisqu'ils sont désespérement vides. Les plastiques continuent à voler dans Jeri.

Pourtant tout ici est réuni pour faire de ce lieu un véritable bijou. Manque simplement à ce jour un écrin correct.

Le sable règne en maître dans le village. Des ruelles étroites et sinueuses serpentent et laissent découvrir ici un restaurant de poisson, là un vivier de langouste, ailleurs une bijouterie aux superbes bracelets esclave en argent.
Mais le must du must reste cet incroyable magasin Havaianas qui retient toute mon attention.

Les sept dunes immenses de sable blanc protègent du vent et font la joie de nos trois gones qui s'entrainent au sand surfing.
Les couchers de soleil sont splendides et à six heures, à la nuit tombée, il est doux de s'enivrer de caipirinhas en regardant des demi-dieux sortis d'un autre âge danser, au son des candombes, la capoeira, sur la plage de la baie de Jeri.


Si vous passez ici en famille, une seule adresse: Vila Bela Vista, une pousada tenue par un couple de kyters Americano Brésilien. C'est très rare que je conseille un lieu, mais l'acceuil qui nous a été réservé, la gentillesse de Jodi et Marcio, la qualité de la pousada, valent que je déroge à mes principes. De plus Vila Bela Vista est suffisament en retrait du coeur de Jeri, pour ne pas souffrir des nuisances sonores nocturnes qui sévissent entre 1 heure et 5 heures du matin!



Mon tour de Jericoacara n'aurait pas été complet si je n'avais pas parlé du "sky", un bar sur la plage qui en cette période de Mondial retransmettait les "partidos": le désespoir des Brésiliens et les larmes dans le yeux de certains après la défaite de leur équipe; la joie d'une cinquantaine d'Allemands réunis autour de chopes à bière pour la qualification de leur pays face à l'Argentine; et enfin, isolés, très isolés, cinq petits Français, dont deux coiffés d'une casquette URUGUAY, sautant de joie après la qualification de leur pays d'adoption, devant 150 personnes qui après la défaite du Brésil avaient pris fait et cause pour le Ghana!