Nous passons la frontière au niveau de Rodolfo Roballos. Le vent ne cesse de souffler, la végétation semble de plus en plus sèche, nous passons brutalement d'une végétation luxuriante à la steppe. Dix kilomètres après la frontière, c'est tout simplement incroyable: les paysages verdoyants et luxuriants laissent la place à de hautes mesetas arides entrecoupées de canyons et de vallées escarpées. La steppe brulée par la sècheresse et le gel s'étend à l'infini.
L'immensité: c'est ça...
Quand soudain...
Il a fallu attendre 800 kms de piste pour que se produise l'inévitable: la crevaison... Nous profitons pour regarder l'état de nos pneus et le constat n'est guère encourageant: tous sont fortement endommagés et il nous reste encore 200 kms de piste... Nous réduisons encore la vitesse et arrivons à Tres Lagos dans le même état que nous pneus: creuvés... Nous nous posons dans un hôtel, dormons à cinq dans une chambre initialement prévue pour deux... Mais nous sommes dans l'incapacité de faire un kilomètre de plus. En effet deux autres pneus viennent de rendre l'âme...
Les formalités d'usage faites à la gomeria, nous repartons en direction del Chalten... Programme du jour: trouver une cabana (il fait froid et le vent est vraiment très fort) et faire une balade de 18kms aller retour pour aller au pied du cerro Torre. La première mission remplie, nous chaussons nos chaussures de montagne trop longtemps mises au placard pour découvrir ce site extraordinaire.
28 janvier 2009
22-23 janvier: Cochrane-El Chalten
27 janvier 2009
Le plus beau dans ce voyage, c'est toi...
26 janvier 2009
18- 21 janvier : Futaleufu - Cochrane Carretera Austral
PRODIGIEUSE CARRETERA AUSTRAL

Afin d’éviter la ruta 40 qui descend côté Argentin jusqu’à El Cafayate, nous décidons de bifurquer côté Chilien pour prendre la Carretera Austral qui relie Futaleufu à villa O’Higgins. Ce n’est pas moins de 825 kms dont uniquement 225 de routes asphaltées qui nous attendent. L’intérêt de cette route tient à son environnement sublime, à la luxuriance de la selva valdiviana (forêt humide profitant du climat pluvieux de ce versant des Andes). Mais ce décor naturel hors du commun jouit également de la présence de vastes lacs, de montagnes enneigées dont les premiers nevés ne sont pas moins qu’à 1600 mètres d’altitude, de glaciers suspendus et de la proximité des grands fjords Chiliens. Nous avions l’intention d’aller jusqu’à Puerto Aisen afin de prendre un bateau jusqu’à la laguna San Rafaël pour voir le fjord de glace. Nous arrivons le dimanche soir, malheureusement le bateau qui part une heure plus tard est plein et le suivant ne prend le large que trois jours plus tard. Attendre sur place nous apparaît d’un intérêt plus que limité, surtout que la route est longue et qu’il faut que nous passions la frontière Argentine avant le 22 janvier si l’on veut pouvoir profiter au maximun du Fitz Roy et du Perito Moreno. De plus, pour nous cinq le budget pour une traversée d’une journée est de 1700 dollars (quelque peu dissuasif, je vous le concède)…


Les Chiliens que nous découvrons dans cette région sont charmants, serviables et aimables. Comme quoi l'héritage Telhueche a laissé une marque indélébile. Nous reprenons la route le lendemain matin en direction du lac général Carrera. Le ciel couvert ne nous permet que difficilement d’apercevoir les sommets et les glaciers. Pourtant le spectacle est superbe. Même couvert, le paysage est grandiose. Il y a une espèce de magie dans ce décor naturel qui donne aux teintes de gris des nuances de profondeurs abyssales. Le ciel se dégage en fin de journée et nous posons la tente à Puerto Murta au bord du lac Carrera. L’éclaircie aura été de courte durée. Dès deux heures du matin, le vent se lève et la pluie se met à tomber. L’humidité s’installe dans la tente. Ma nuit est terminée… Le lendemain, les quelques velléités de camping sauvage qu’il me restait, semblent avoir fondu comme neige au soleil. J’ai des courbatures (et oui, la quarantaine approche…), j’ai sommeil et le lavage des assiettes de la veille dans le lac glacé n’arrange rien !



Mais si il y a une spécificité météorologique propre à la Patagonie, c’est bien le changement subit de conditions atmosphériques. Deux heures après notre réveil, un soleil puissant réchauffe et sèche tout aux alentours. Nous sommes proche de Puerto Rio Tranquilo et décidons d’aller voir les cathédrales de marbre creusées par le lac Carrera. A bord d’une petite embarcation, nous bravons des vagues et des creux violents pour atteindre ce spectacle naturel incroyable. Des colonnes de marbre polies par l’eau se dressent dans une eau turquoise, les petites barques nous permettent de rentrer dans des grottes creusées par l’érosion aux pourtours fantasmagoriques. C’est prodigieux et superbe.







A nouveau sur la route, nous ne pouvons qu’admirer cette nature de plus en plus sauvage. Nous bifurquons vers Puerto Bertrand, bien décidés à y passer la nuit. Il est 15H00 et plus une seule cabane de libre dans tout le village. Qu’importe, nous décidons de descendre en rafting le Rio Baker. Nous laissons les enfants au bord de la rive (ici la DAAF c’est un peu loin !) et partons sur nos embarcations de fortune. Après autant de route les enfants ont besoin d’être sans parents… et vice versa ! Pour le logement … On verra plus tard. Cette démarche quelque peu téméraire, si l’on se réfère à la nuit précédente, va nous conduire au bout du bout du Chili : Cochrane, dernière ville du pays !




Mathias ne peut résister et se jete dans l'eau glacée du lac...
Et quand je pense qu'il râle quand l'eau de son bain est à moins de 35°!
Pas d’erreur, nous sommes bien au bout du bout ! L’essence passe de 460 à 682 pesos le litre, les logements quasi inexistants, ont tous été pris d’assaut par une légion de 4x4 Brésiliens que nous avions (inconséquents que nous sommes) laissé passer à Puerto Tranquilo. La ville ressemble à un lieu de fin du monde (la prochaine plus au sud se trouve à plus de 500 kms!). Transposés dans un western à la Clint, nous errons l’âme en peine, dans les 6 rues que compte la ville à la recherche d’un abri. Le soleil se couche et avec lui mes rêves les plus fous de bain dont la température excèderait les 8°… Quand soudain, et cela ne s’invente pas, nous voyons au détour d’un chemin improbable, un panneau :
Cabana «Don: Lino», 1km 500…
Pas de doute nous sommes bien dans un western spaghetti, plat qui sera de rigueur le soir même, tant la fatigue est grande.
Nous restons deux jours dans ce petit chalet au bord de la rivière. Les garçons essaient de pêcher, tandis que Damien, prévoyant, prépare le mechoui. Nous profitons de ce repos bien mérité (la piste: ça use...), pour profiter de l'absolue tranquilité du lieu et de superbe vue de notre terrasse que nous vous offrons by night!
18 janvier 2009
17 janvier: Parque Los Alerces- Futaleufu (Chili)
Pour tous les routards: Futaleufu n'est plus ravitaillée par Chaiten, mais par Puerto Montt! De fait il n'y a rien dans les nombreux commerces de la ville et tout est congelé. C'est très dur de trouver des légumes. Les douaniers sont un peu plus cool à la frontière. Planquer du frais sous la roue de secours avant la frontière.
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