30 juillet 2010

4-5 juillet: Barra Grande




La buggy est prête, les sacs sont arrimés au toit, le vent est doux, nous partons au nord en direction de Barra Grande. Après un nouvel arrêt langoustes (décidement on ne s'en lasse pas), nous essayons de gonfler un peu la voile et tirer quelques bords dans un environnement exceptionnel, mais San Pedro n'en finit pas de protéger les pêcheurs et de plomber le moral des kyters!



Nous arrivons en fin d'après-midi à Barra Grande qui de "grande", n'a que le nom. Ce village de pêcheurs ne connaît que depuis peu le tourisme. Sa position géographique, un peu excentrée de la route Jeri-San Luis, a plus que largement contribué à refroidir les investisseurs en quête de rentabilité immédiate. L'on compte néammoins une poignet de pousadas récemment construites aux toits de palme et le plus souvent sur pilotis.

La rareté de l'offre fait gonfler les prix et l'on arrive à l'aberration suivante: dans un village où il n'y a rien, absolument rien, les tarifs appliqués dans les pousadas sont 30 à 40% plus élevés qu'à Jeri! On finirait presque par regretter les sacs plastiques!

On finit par se sentir réellement otage d'un piège touristique dans ce village reculé. Las de se battre et d'essayer de faire entendre raison à un chauffeur de buggy qui nous demande la bagatelle de 120 reals pour un trajet de 20 kms (soit le coût de la connexion Camocim-Barra Grande, 110 kms), nous prendrons le premier et unique bus en direction de Parnaïba, le 6 au matin.

25 juillet 2010

3 juillet: Jeri- Barra Grande

40 kms de sable
110 de bitume
Continuons la route en direction de Barra Grande.
Desert aux dunes pétrifiées.
D'un autre âge, sans âge.


Et au milieu surgit une lagune d'eau douce




Bleue, verte, marron, aux mille contours.



Arrêt buggy dans un lieu unique à l'approche de Camocim.

Pour une halte "dégustation langouste" qui à elle seule justifie mes cheveux hirsutes!

Et le sourire de M. qui vaut toutes les peines du monde!

23 juillet 2010

30 juin-3 juillet: Jericoacoara


Aussi incroyable que cela puisse paraître, la semaine qui suivra la Sao Pedro, sera très calme. Les dynamiques d'habitude si constants sont mous et les thermiques inexistants. D. arrivera néammoins à faire un downwind de plus de 20kms en direction de Camocim.
Arrivée à Jeri en fin d'après-midi. Nous voici dans la Mecque du Kytesurf!
Ancien village de pêcheurs construit sur des dunes et à même le sable, Jeri s'est transformé en un lieu branché, où les pousadas sont plus nombreuses que les habitations traditionnelles. Les prix flambent, parfois sans raison et la première journée nous aurons beaucoup de mal à trouver une justification à cet engouement international, tant nous restons surpris par la saleté qui règne dans de nombreux recoins du village. Si le coeur de la station garde un semblant de propreté, trois rues plus loin en revanche, des sacs plastiques, des copeaux de verre, des bouteilles jetées çà et là, finissent par recouvrir le sable des ruelles, donnant au village un aspect de bidonville.

Dès le lendemain, nous comprenons que si une partie de Jeri est épargnée de cette polution réelle et visuelle, ce n'est que grâce au vent violent qui balayant tout sur son passage, emporte tous les résidus à l'est du village. La course de tout ces déchets s'arrête au niveau des dunes. En discutant avec Jodi, la propriétaire de la pousada dans laquelle nous faisons étape, nous prenons encore plus conscience de l'ampleur du phénomène: l'année dernière la dune la plus à l'est du village fut totalement recouverte de plastiques de toutes sortes. Il fallut une semaine complète à une poignet de bénévoles pour tout enlever. Quatre hôteliers se sont réunis et ont décidé de financer six stands de poubelles dédiés au tri sélectif. Un an plus tard, deux ont été volés et les quatre flambant neufs le resteront longtemps puisqu'ils sont désespérement vides. Les plastiques continuent à voler dans Jeri.

Pourtant tout ici est réuni pour faire de ce lieu un véritable bijou. Manque simplement à ce jour un écrin correct.

Le sable règne en maître dans le village. Des ruelles étroites et sinueuses serpentent et laissent découvrir ici un restaurant de poisson, là un vivier de langouste, ailleurs une bijouterie aux superbes bracelets esclave en argent.
Mais le must du must reste cet incroyable magasin Havaianas qui retient toute mon attention.

Les sept dunes immenses de sable blanc protègent du vent et font la joie de nos trois gones qui s'entrainent au sand surfing.
Les couchers de soleil sont splendides et à six heures, à la nuit tombée, il est doux de s'enivrer de caipirinhas en regardant des demi-dieux sortis d'un autre âge danser, au son des candombes, la capoeira, sur la plage de la baie de Jeri.


Si vous passez ici en famille, une seule adresse: Vila Bela Vista, une pousada tenue par un couple de kyters Americano Brésilien. C'est très rare que je conseille un lieu, mais l'acceuil qui nous a été réservé, la gentillesse de Jodi et Marcio, la qualité de la pousada, valent que je déroge à mes principes. De plus Vila Bela Vista est suffisament en retrait du coeur de Jeri, pour ne pas souffrir des nuisances sonores nocturnes qui sévissent entre 1 heure et 5 heures du matin!



Mon tour de Jericoacara n'aurait pas été complet si je n'avais pas parlé du "sky", un bar sur la plage qui en cette période de Mondial retransmettait les "partidos": le désespoir des Brésiliens et les larmes dans le yeux de certains après la défaite de leur équipe; la joie d'une cinquantaine d'Allemands réunis autour de chopes à bière pour la qualification de leur pays face à l'Argentine; et enfin, isolés, très isolés, cinq petits Français, dont deux coiffés d'une casquette URUGUAY, sautant de joie après la qualification de leur pays d'adoption, devant 150 personnes qui après la défaite du Brésil avaient pris fait et cause pour le Ghana!

15 juillet 2010

30 juin: Icaraï - Jeri en buggy






Et sur le chemin... langouste, poisson, langouste, poisson, manioc!

Et roule petit buggy!



80 kms au bord de l'océan, 60 kms de routes asphaltées puis 20kms de pistes dans le sable, c'est la trajet qui relie Icaraï à Jericoacoara.
Les passages de bacs sont obligatoires, la buggy incontournable.


Et délicieusement décalée quand on quitte les dunes pour croiser un village.


Et dès que le vent souffle...
D. gonfle sa voile

Et un petit downwind

Juste pour se mettre en jambe

Avant l'épisode Jeri

Temple du kyte sud américain.









14 juillet 2010

27-29 juin: Icaraï






Tout semble au ralenti sous les tropiques. La vie s’étire lentement comme si le jour levé trop tôt prolongeait cette torpeur matinale jusqu’au coucher du soleil.




Le vent souffle de façon régulière et suffisamment pour pouvoir faire gonfler la voile de kyte de D. La baie d’Icaraï est un superbe spot, enclavé dans un superbe écrin de verdure où les palmiers sont les joyaux. Une vingtaine d’éoliennes, véritables métronomes des voileux de tous bords, tournent sans relâche sur la partie ouest d’Icaraï.



La température de l’océan est invariablement à 28°, rendant superflu le port d’une combinaison. Très vite nos peaux se parent d’un hâle doré, nos démarches ralentissent, nous nous laissons gagner par le slowing ! Seul moment d’accélération dans cette vie au ralentie, le match de football qui va opposer le Brésil au Chili. Les pêcheurs se regroupent dans des maisons de fortune aux antennes satellites proéminentes. Après deux buts du Brésil, je décide d’aller faire quelques clichés dans ce village fantôme aux plages désertées. En effet, à part un pêcheur afféré à la réparation de la coque de sa barque, il n’y a plus âme qui vive dans les rues. Au coup de sifflet final, les enfants courent vers la place du village, les adultes exultent et tirent des pétards, et malgré la nuit qui va tomber, une partie de football s’improvise sur la plage. Le Brésil vibre, le Brésil vit.

Le 29 juin, nous partons en buggy découvrir les nombreuses lagunes prisonnières des dunes. Le spectacle est grandiose.
Nous longeons la plage sur 15 kilomètres et partout des jangadas (petites embarcations à voile) quittent le rivage pour faire une procession en mer. C’est le jour de la Sao Pedro, et tous les pêcheurs de la côte de Ceara célèbrent leur saint patron. Les femmes rassemblées en procession chantent des louanges et implorent Saint Pierre tandis que les hommes et les enfants partent en mer jeter des fleurs. Les vents violents qui font la joie des kyters sur cette partie très exposée du Brésil sont parfois bien meurtriers et couvrent bien trop souvent l’océan d’un voile noir.

Les garçons sont invités à monter à bord. La simplicité des gens est désarmante et nous décidons de prolonger notre halte. Après la messe dite en plein air autour d’une longue table qui par certains côtés me rappelle l’épisode de la cène, nous déjeunons dans un restaurant de fortune aux assiettes ébréchées, aux couverts sales et à l’arrière cour digne du temps du choléra. Immédiatement je transmets deux consignes aux enfants qui me regardent interloqués mais ravis : ne pas boire l’eau qui vient d’arriver dans une bouteille Coca Cola, mais commander réellement ladite boisson et manger avec les doigts ! Les langoustes n’en sont que meilleures !