La température de l’océan est invariablement à 28°, rendant superflu le port d’une combinaison. Très vite nos peaux se parent d’un hâle doré, nos démarches ralentissent, nous nous laissons gagner par le slowing ! Seul moment d’accélération dans cette vie au ralentie, le match de football qui va opposer le Brésil au Chili. Les pêcheurs se regroupent dans des maisons de fortune aux antennes satellites proéminentes. Après deux buts du Brésil, je décide d’aller faire quelques clichés dans ce village fantôme aux plages désertées. En effet, à part un pêcheur afféré à la réparation de la coque de sa barque, il n’y a plus âme qui vive dans les rues. Au coup de sifflet final, les enfants courent vers la place du village, les adultes exultent et tirent des pétards, et malgré la nuit qui va tomber, une partie de football s’improvise sur la plage. Le Brésil vibre, le Brésil vit.
Nous longeons la plage sur 15 kilomètres et partout des jangadas (petites embarcations à voile) quittent le rivage pour faire une procession en mer. C’est le jour de la Sao Pedro, et tous les pêcheurs de la côte de Ceara célèbrent leur saint patron. Les femmes rassemblées en procession chantent des louanges et implorent Saint Pierre tandis que les hommes et les enfants partent en mer jeter des fleurs. Les vents violents qui font la joie des kyters sur cette partie très exposée du Brésil sont parfois bien meurtriers et couvrent bien trop souvent l’océan d’un voile noir.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire