Cinq sacs à dos, un baluchon à l’allure insolite puisque déformé par des harnais, des voiles et des lignes, une planche de kyte enveloppée dans des cartons recouverts de deux sacs poubelle de 100 litres, trônent dans le hall d’entrée de la maison. Les lits sont sommairement faits, la vaisselle du petit déjeuner aura bien le temps de sécher, il est 10H00, dernier tour d’horizon pour vérifier que tout est en ordre. Les passeports, les cartes d’identité Uruguayennes, le livret de famille Uruguayen, le permis de sortie de territoire pour mineur, tout nous avons tout. Les garçons sont insupportables, pas de doute, c’est l’heure des départs.
Notre taxi réservé la veille pour assurer notre liaison jusqu’à l’aéroport de Montevideo, ne va pas tarder à arriver. 10H30, une coquille de noix répondant au nom de Fiat Uno arrive et stoppe devant l’entrée de la maison. Impossible, l’opératrice a dû mal comprendre, nous avons demandé un grand taxi, il doit y avoir une erreur d’affectation. Le chauffeur comprenant notre désarroi, appelle le central, reçoit la réponse de l’opératrice, nous regarde compatissant puis affolé en découvrant la somme de bagages que nous comptons faire rentrer dans son carrosse ! Le coup d’envoi du match Uruguay- Corée est dans 20 minutes, donc rejoindre l’aéroport ce sera soit avec lui et son improbable tas de ferraille soit à pied ! Nous entassons bagages, enfants, adultes et chauffeur. Clé de contact, moteur, action !

Notre taxi réservé la veille pour assurer notre liaison jusqu’à l’aéroport de Montevideo, ne va pas tarder à arriver. 10H30, une coquille de noix répondant au nom de Fiat Uno arrive et stoppe devant l’entrée de la maison. Impossible, l’opératrice a dû mal comprendre, nous avons demandé un grand taxi, il doit y avoir une erreur d’affectation. Le chauffeur comprenant notre désarroi, appelle le central, reçoit la réponse de l’opératrice, nous regarde compatissant puis affolé en découvrant la somme de bagages que nous comptons faire rentrer dans son carrosse ! Le coup d’envoi du match Uruguay- Corée est dans 20 minutes, donc rejoindre l’aéroport ce sera soit avec lui et son improbable tas de ferraille soit à pied ! Nous entassons bagages, enfants, adultes et chauffeur. Clé de contact, moteur, action !
Nous traversons la ville déserte à la vitesse prodigieuse de 35 kilomètres heure et arrivons à l’aéroport peu après le coup d’envoi de la partie. C’est dans une ambiance quelque peu surréaliste que nous débutons notre voyage. Notre vol en direction de Sao Paolo décolle à 12H30 et je palis en voyant la file d’attente au comptoir d’enregistrement qui semble être au point mort. J’essaie de comprendre, mais la tâche n’est pas aisée. En apparence, tout est normal: fond sonore habituel avec ces annonces régulières d’arrivées et de départs, chariots remplis de bagages aux linges frais ou maculés, marques de fatigue pour ceux qui sont en transit et on déjà quelques heures de vol dans les jambes, staff de vol se déplaçant toujours par six (pilote, copilote, chef de cabine et hôtesses). Pourtant il y a un silence, une tension palpable et des regards figés vers deux écrans géants muets. En une fraction de seconde, je constate qu’il n’y a qu’une seule personne qui assure l’enregistrement des bagages et au même moment une explosion de joie retentit. L’Uruguay vient de marquer son premier but face à la Corée. Deux minutes plus tard, comme par magie, apparaissent trois personnes supplémentaires au comptoir de Pluna. La file se divise, nous reprenons espoir.
11H15, nous voici allégés de quelques bagages. Il ne nous reste plus qu’une petite formalité : nous acquitter de la taxe d’aéroport. Et là : stupeur ! La file qui ne comptait que deux personnes quelques instants auparavant, s’est allongée à tel point qu’il nous faudra désormais 30 minutes pour payer la taxe. La raison à ce dérèglement total : la mi-temps du match vient d’être sifflée. 12H20, nous sommes toujours à la douane. Il faut dire que cinq passeports, plus cinq cartes d’identité uruguayennes plus un livret de famille à contrôler, c’est long. Terriblement long. Surtout que la Corée vient d’égaliser et que le douanier en l’occurrence une femme est passablement contrariée ! Por ultima vez llamamos la familia Duchateau por el vuelo hacia Sao Paolo… La famille Doucatéaou c’est nous, et on est toujours coincé. Nos passeports ne sont toujours pas tamponnés, tant pis j’abandonne D. aux formalités et passe la douane en courant suivie de mes trois ouailles sans documents d’identité, sans billets, juste avec l’espoir de pouvoir différer le départ. J’arrive en nage à la porte 5, supplie l’hôtesse au nom de la Celeste de ne pas fermer les portes de l’avion et de prévenir le pilote que nous arrivons. D. surgit de nulle part, billets en main. Deux minutes plus tard, nous sommes assis dans l’avion. Trois minutes après, nous décollons. Puis… en pleine description des consignes de sécurité, l’hôtesse reçoit un appel, arrête son discours et fait cette déclaration triomphale : gol para Uruguay !! Applaudissements et cris de joie dans l’avion. L’Uruguay est qualifiée, nous survolons Punta del Este !
Deux heures plus tard, nous faisons escale à Sao Paolo avant de reprendre un autre avion pour Fortaleza. 20H15, nous arrivons à destination. Il fait nuit, un généreux 30° nous enveloppe, nos vacances commencent. Immédiatement nous nous mettons au rythme du pays: o pais tropical! Mais notre voyage n'est pas terminé: il nous reste encore trois heures de voiture pour rejoindre Icaraï de Amontada.
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