23 juillet 2010

30 juin-3 juillet: Jericoacoara


Aussi incroyable que cela puisse paraître, la semaine qui suivra la Sao Pedro, sera très calme. Les dynamiques d'habitude si constants sont mous et les thermiques inexistants. D. arrivera néammoins à faire un downwind de plus de 20kms en direction de Camocim.
Arrivée à Jeri en fin d'après-midi. Nous voici dans la Mecque du Kytesurf!
Ancien village de pêcheurs construit sur des dunes et à même le sable, Jeri s'est transformé en un lieu branché, où les pousadas sont plus nombreuses que les habitations traditionnelles. Les prix flambent, parfois sans raison et la première journée nous aurons beaucoup de mal à trouver une justification à cet engouement international, tant nous restons surpris par la saleté qui règne dans de nombreux recoins du village. Si le coeur de la station garde un semblant de propreté, trois rues plus loin en revanche, des sacs plastiques, des copeaux de verre, des bouteilles jetées çà et là, finissent par recouvrir le sable des ruelles, donnant au village un aspect de bidonville.

Dès le lendemain, nous comprenons que si une partie de Jeri est épargnée de cette polution réelle et visuelle, ce n'est que grâce au vent violent qui balayant tout sur son passage, emporte tous les résidus à l'est du village. La course de tout ces déchets s'arrête au niveau des dunes. En discutant avec Jodi, la propriétaire de la pousada dans laquelle nous faisons étape, nous prenons encore plus conscience de l'ampleur du phénomène: l'année dernière la dune la plus à l'est du village fut totalement recouverte de plastiques de toutes sortes. Il fallut une semaine complète à une poignet de bénévoles pour tout enlever. Quatre hôteliers se sont réunis et ont décidé de financer six stands de poubelles dédiés au tri sélectif. Un an plus tard, deux ont été volés et les quatre flambant neufs le resteront longtemps puisqu'ils sont désespérement vides. Les plastiques continuent à voler dans Jeri.

Pourtant tout ici est réuni pour faire de ce lieu un véritable bijou. Manque simplement à ce jour un écrin correct.

Le sable règne en maître dans le village. Des ruelles étroites et sinueuses serpentent et laissent découvrir ici un restaurant de poisson, là un vivier de langouste, ailleurs une bijouterie aux superbes bracelets esclave en argent.
Mais le must du must reste cet incroyable magasin Havaianas qui retient toute mon attention.

Les sept dunes immenses de sable blanc protègent du vent et font la joie de nos trois gones qui s'entrainent au sand surfing.
Les couchers de soleil sont splendides et à six heures, à la nuit tombée, il est doux de s'enivrer de caipirinhas en regardant des demi-dieux sortis d'un autre âge danser, au son des candombes, la capoeira, sur la plage de la baie de Jeri.


Si vous passez ici en famille, une seule adresse: Vila Bela Vista, une pousada tenue par un couple de kyters Americano Brésilien. C'est très rare que je conseille un lieu, mais l'acceuil qui nous a été réservé, la gentillesse de Jodi et Marcio, la qualité de la pousada, valent que je déroge à mes principes. De plus Vila Bela Vista est suffisament en retrait du coeur de Jeri, pour ne pas souffrir des nuisances sonores nocturnes qui sévissent entre 1 heure et 5 heures du matin!



Mon tour de Jericoacara n'aurait pas été complet si je n'avais pas parlé du "sky", un bar sur la plage qui en cette période de Mondial retransmettait les "partidos": le désespoir des Brésiliens et les larmes dans le yeux de certains après la défaite de leur équipe; la joie d'une cinquantaine d'Allemands réunis autour de chopes à bière pour la qualification de leur pays face à l'Argentine; et enfin, isolés, très isolés, cinq petits Français, dont deux coiffés d'une casquette URUGUAY, sautant de joie après la qualification de leur pays d'adoption, devant 150 personnes qui après la défaite du Brésil avaient pris fait et cause pour le Ghana!

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