18 février 2009

Crise, vous avez dit crise?...


Parce que la folie n'a pas de frontière, et que le snobisme n'est pas l'apanage de quelques villes d' Amérique du sud, je vous laisse lire le lien suivant:

http://www.luxe-magazine.com/0-3190-Lacroix_Skis_a_tout_prix_

17 février 2009

Chronique d'une vie de sable.


Voici maintenant près de quinze jours que je lézarde, plus que la décense ne peut l'autoriser, sur une plage et pas n'importe laquelle: la fameuse, l'incontournable, la très trendy plage de la Huella, Jose Ignacio, Uruguay. Quand on sait que de nombreuses célébrités dont Bill Gates et Shakira ont choisi ce cadre comme lieu de villégiature, on ne s'étonne plus de rien. Enfin presque...

Outre une inflation des prix jamais égalée dans aucun pays, il est un phénomène local qui a retenu toute mon attention: les Porteños. Mais qui sont-ils?
Comme vous avez pu le comprendre dans un des mes derniers messages, Jose Ignacio est un village Argentin pendant la temporada alta (de fin décembre à mi-février). Mais attention: comme il y a Français et Français (Parisien et le reste de l'hexagone), il y a Argentins et Argentins (les Porteños puis le reste...).
Littéralement l'appellation "Porteños" designe les gens du port. Mais pas n'importe lequel, vous l'aurez compris: celui de Buenos Aires. Si dans leur ville ils ne sont, somme toute, pas différents de tous les résidents de capitales: accueillants, bien que sûrs d'eux et un rien arrogants; ils mutent en passant la frontière comme si les 10 heures d'attente à la douane de Paysandu leur avaient fait perdre quelques neurones. Aussi, transposés dans l'univers uruguayen, cela prend une toute autre dimension comme si leur "moi profond" explosait sous le soleil.

Le Porteño est beau... n'en déplaise à certain. C'est un mélange explosif Italiano-Espagnol tempéré par le caractère Gaucho dont tous revendiquent la paternité. Bref: c'est une bombe. Il s'entretient, court 10 kms par jour à midi, au bord de la route qui mène de la Huella à la Juanita, espérant être vu, reconnu, et plus si affinités... Il parle en faisant de grands gestes, au cas où (chose plus qu'improbable) personne ne l'ait remarqué. Il ne dit jamais merci, ne s'excuse pas quand un de ses ballons vient vous fracasser le dos, laisse consciencieusement ces déchets sur le sable, vous passe délibérément devant dans n'importe quel magasin et vous klaxonne pour un oui pour un non car vous avez la malchance d'avoir une des trois plaques Uruguayennes des alentours...

Le Porteño joue avec ses enfants sur la plage, non par goût, mais parce que lui même est resté un grand enfant. Pour preuve, il n'ait qu'à voir la Porteña (sa femme) qui ressemble plus à une poupée qu'à un être humain. Chez elle, tout est refait: des seins, aux lèvres, aux fessiers. Il n'y a pas une partie qui est échappée aux bons soins de monsieur bistouri. Pour afficher ses attributs fraîchement remoulés, la Porteña déambule nonchalemment en string et haut 32 à la limite de l'explosion: c'est magique! On a l'impression d'être sur la lune et que tout ce qui nous entoure est en apesanteur. Ca lévite...Magique, je vous dis... c'est magique!

Ce spectacle, si consternant soit-il, m'a amusée jusqu'au moment où j'ai surpris un adulte traité de "boludo" mon fils ainé, qui voulait participer à une course d'enfants. Certes, Adrien ne faisait pas parti du groupe de copains... Mais ce n'était qu'une course d'enfants.

Je sais que si vous demandez à un argentin (qui utilise cette sémentique environ 50 fois par jour), il va vous répondre:

Ici on dit "Che Boludo!", c'est comme ça. Chez nous on dirait plutôt "Salut vieux!", ou "Hey mec!" ou encore "Yo man!" ou même "Wesh gros!". Jusque là ça va, pas de difficulté majeure. La chose se complique quand on sait que boludo c'est comme l'Allemand ça se décline à l'infini. Il faut un petit moment avant de pouvoir cerner la chose. En gros un boludo c'est un guignol, un bout-en-train, un amuseur de gallerie, ou un C...... Mais si vous demandez à un argentin ce que c'est qu'un boludo, ce ne sera jamais très clair. Il va vous répondre quelque chose comme..."Boludo? Yo qué sé? Boludo? Un Boludo! Un boludo es un boludo que...sabes?..RAhhh qué boludo!" Au quotidien ca donne quelque chose comme ça...

D'où la difficulté d'appréciation du terme...


N'empêche que moi, ce dont je rêve, c'est d'un exode massif des Porteños vers leur sacré port. Que Jose Ignacio redevienne Uruguayen. Que la plage soit privée de ces cabanes de bois et de ces parasols qui la défigurent. Que mes enfants jouent avec les fils de pêcheurs sur un sable immaculé. Amis Uruguayens, vous qui entretenez un complexe majeur envers votre grande soeur Argentine, sachez que vous avez bien des qualités, dont deux que les Porteños ne peuvent pas comprendre la signification: la simplicité et la véracité.

11 février 2009

Demain, j'arrête d'être Française!

Du moins pour une journée!
Non mais les petits Bleus...vous avez pensé deux secondes à ceux qui passent leur journée sur des plages bourrées d'Argentins...
Non, je ne crois pas!
En tout cas demain, j'oublie mon accent coq français et je demande aux garçons de ranger leurs maillots tricolores! Parce que sinon, je ne vous raconte même pas...
Déjà qu'ils passent leurs journées à se passer la balle en se prenant pour Thierry Henri et Ribéry... Alors là, mes petits loulous de fils vont passer une très mauvaise journée...
De plus, si j'en crois la chronique de Erwan Le Duc du "Monde", on n'a pas été brillant, brillant... Que voulez-vous, après tout, la crise affecte tout le monde... Même nos champions en culotte courte.
Je vous laisse un extrait, juste pour le fun:
"Raymond Domenech avait assuré le coup en répétant que l'objectif pour son équipe de France était moins de jouer un amical de gala contre l'Argentine de Maradona que de se préparer pour la double confrontation contre la Lituanie, comptant pour les qualifications du Mondial 2010. Bien lui en a pris. Car les Bleus ont pris, mercredi 11 février à Marseille, une petite leçon de football contre des Argentins qui semblent transcendés par leur "Pibe de oro" de sélectionneur".
Oups... Encore trop parlé Domenech...
Et puis, juste pour le coup de grâce:
"Cette confrontation, disputée avec un engagement qui n'avait rien d'amical, confirme par ailleurs que les Bleus restent une sélection très prévisible dans son animation offensive, et rarement capable de combiner pour jouer les coups autrement que sur des inspirations (par définition inconstantes) de ses solistes. Le talent individuel de ses joueurs doit permettre à la France de battre la Lituanie (les 28 mars et 1er avril). Mais l'équipe tricolore ne pourra rivaliser avec les plus grands si elle ne se trouve pas une organisation tactique et une intelligence collective décisives au plus haut niveau. Ce problème n'est pas nouveau. Si l'on oublie la parenthèse enchantée d'un Mondial 2006 guidé par l'axe Zidane - Makelele - Thuram, c'est même le cas depuis un peu plus de quatre ans. Depuis que Raymond Domenech est sélectionneur".
En fait demain, je crois que je préfère être Française sur la plage de la Huella, que Raymond sur le vieux port à Marseille!

09 février 2009

Un an déjà...

Il pleut... enfin.

La terre asséchée, les herbes jaunies, imploraient un peu d'eau depuis deux mois déjà. La sécheresse immense dont souffre l'Uruguay porte ses stigmates aux quatre coins du pays. Oui, ce sont bien des cicatrices, ces crevasses profondes sur une terre meurtrie.

Il pleut...

Et je me souviens...

Non pas de ce poème de Baudelaire, pourtant si cher à mon coeur. Non.

Je me souviens d'un certain 6 février 2008.

J'ai en mémoire cet aéroport, cette ambiance si particulière que l'on ne peut trouver que dans ces lieux: celle des "au-revoir". J'ai marqué au fer rouge les regards pleins de tendresse de nos proches, leur incrédulité, leurs doutes, la peur du vide et l'absence.

L'absence... Leur absence... Celle qui aujourd'hui est la plus lourde à gérer.

A ceux que nous avons laissé dans cet aéroport au nom pré-destiné, à nos familles, à tout ceux qui nous suivent, je laisse ces quelques vers de ce merveilleux poète Franco-Uruguayen à qui j'ai emprunté "Comme des voiliers":

Jules Supervielle

Adieu (extrait du recueil "Comme des voiliers")

Partout où nous vivons notre Rêve s'attache,

Par un lien étroit, invisible mais fort,

Un voyage soudain trouve en nous un coeur lâche

Et nous sentons qu'il neige au loin sur notre sort...

Il nous faut, pour quitter les lieux où nous vecûmes

Déchirer quelque chose au moment de partir,

Tout à coup nous avons comme un grand repentir,

Comme si nous quittions le Soleil pour les brumes.

06 février 2009

Petit récapitulatif de notre voyage

Près de 11000 kms plus tard nous voici de retour à Montevideo.

Nous revenons avec des centaines d'images en tête et une seule envie: planifier le prochain voyage direction Brésil.

Des moments forts, nous en avons eu tout au long du trajet tant la cordillère des Andes est propice à l'enchantement. Pourtant, des instants furent magiques, et je ne suis pas prête d'oublier les rives du volcan Lanin, la lumière de l'Osorno, le vol des aigles sur le Pacifique, le réveil matinal sur la plage El Frances, la fabuleuse Carretera Austral et ses grottes de marbre, le coucher du soleil sur le cerro Torre avec en arrière plan le Fitz Roy dégagé et enfin le spectacle époustoufflant que nous a offert le Perito Moreno.

L'Argentine séduit, le Chili intrigue. Ce que la cordillère donne à l'un, elle le reprend à l'autre. Comme si ces deux frères ennemis l'étaient jusqu'à leur nature même. Mais comment ne peut-on pas être étonné de voir à quel point ces deux pays si proches culturellement, ayant tous deux souffert d'un passé de dictature militaire, partageant la même langue, la même religion et la même frontière, puissent à ce point avoir évolué vers des fondamentaux aussi divergeant. L'Argentine est devenue festive, légère, un rien artificielle mais profondément humaine. Le Chili est sérieux, un rien introverti, méthodique et rigoriste. Comme si ce ying et ce yang mettaient bien malgré eux en exergue le côté profond de la nature humaine: le féminin et le masculin.

05 février 2009

Les insolites...

Sécurité au Chili... Vous avez dit sécurité?

Confirmation utile à Damien: le copy right n'existe pas en Argentine...

Des arbres dans un restaurant de Bariloche... Quoi de plus normal... Hype, non?

Eh oui (après correction... merci Georges), encore un de la marée chaussée en cours d'inspiration...

Pour le vent, c'est certain... Quant aux arbres, je les cherche encore!

28-30 janvier: la marche de l'empereur...

Rio Gallego-Azul: l'enfer de la pampa...
Sur 2500 kms, un seul paysage: celui-ci...
Du 1er au 500 ème kilomètres, vous êtes surpris par la constance du relief.
Du 500ème au 1000ème kilomètres, vous êtes plongés dans une profonde méditation.
Du 500ème au 1500ème kilomètres, vous commencez sérieusement à manquer d'inspiration.
Du 1500ème au 2000ème kilomètres, vous en avez vraiment plein le C...
Du 2000ème au 2500ème kilomètres, vous viennent des envies de meurtres.

Alors un conseil: si vous devez faire ce trajet, ne choisissez pas au hasard votre compagnon de route...

Pour éviter tout fratricide, nous avons donc quitté (temporairement), la route pour bifurquer au sud de la péninsule de VALDES, direction: Cabo dos Bahias. Nos manchots ont enfin pu se dandiner un peu!
Et je dois bien dire que le spectacle a fasciné petits et grands!

De sacrées bonnes femmes ces manchotes!! Elles partent tous les matins pêcher, affrontent vents et marées, échappent aux nombreux prédateurs, rentrent le soir pour nourrir enfants et mari, doivent accepter l'assaut du mâle après la becquée, de vraies héroïnes!


"Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite".
Et ça, c'est pas près d'arriver au fin fond de la Patagonie !

26-27 janvier: Puerto Natales (Chili)

Retour sur la côte Pacifique pour admirer les superbes fjords Chiliens.
51°43"39': Voilà, nous avons atteint le point le plus au sud de notre voyage...
Nous allons voir un spectacle très intéressant: le port de Puerto Natales. Les bateaux sont collés les uns aux autres pour avoir le moins de prise au vent possible. Ce sont des embarcations de pêcheurs dont certaines souffrent d'avaries plus ou moins graves.


Nous essayons de trouver des coquillages... Peine perdue... Il semble que les pêcheurs se consacrent désormais à un autre type de pêche: l'algue.
Celles-ci sont ramassées en masse, plus au large et exportées vers la Chine et le Japon. Espérons pour la flore marine que vienne une régularisation stricte afin d'éviter la disparition totale de ces variétés d'algues. Ce serait une vraie catastrophe écologique.


En attendant, mon capitaine adoré veille!
Nous avions choisi cette escale afin de pouvoir nous rendre à Torres del Paine. Le village de Puerto Natales est charmant et quelques perles architecturales (dont l'hôtel ci-dessus et la faculté) ont retenu toute notre attention. Les rives du fjord "ultima esperanza" sont propices à de longues promenades aux saveurs d'embruns salés. Nous restons sur place une nuit et partons le lendemain pour Torres del Paine. 80 kilomètres avant d'atteindre le parc, une mauvaise surprise nous attend: la route laisse place à une piste praticable mais loin d'être excellente. Si l'on s'engage cela veut dire que nous serons sans possibilité de secours sur 160 kms. Vu l'état de nos pneus et surtout la mention de notre contrat d'assurance: "Vous êtes assurés sur les territoires du Mercosur et du Chili (sauf XIIème région)", nous faisons demi tour direction Rio Gallegos, côte Atlantique, Argentine.

Vol de nuit...

Nous décidons de partir en direction du Chili vers Puerto Natales. Le crépuscule s'installe sur ces longues routes patagonnes. Et soudain les images du "Petit Prince" et la prose de "Vol de nuit", me reviennent en mémoire. Mais comment pourrait-il en être autrement. Tout ce qui nous entoure semble sortir d'un roman de Saint Exupéry.


Oui Antoine, dessine nous un mouton... Ton paysage pelé, le voici; ton volcan éteint est au bout de la route; le vent qui blesse ta fleur commence à souffler; ton renard vient de s'enfuir dans les herbes jaunies par ce soleil qui se couche 34 fois. Alors je regarde le ciel et je vois les étoiles et je me souviens:
"Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors toutes les étoiles tu aimeras les regarder. Elles seront toutes tes amies."

25 janvier: Le Perito Moreno


Départ del Chalten pour El Calafate afin d'aller au parc national de los Glaciares pour découvrir sa super star: le Perito Moreno.


Et cette renommée internationale est plus que justifiée. Le spectacle est à couper le souffle et le bruit des seracs qui tombent dans les eaux glaciales est fascinant.

Jugez plutôt: le Perito Moreno c'est 250 km2 de glacier (presque la taille de l'agglomération de Buenos Aires), des parois de 70 mètres de hauteur, des parois immergées qui atteignent 180 mètres de profondeur et c'est surtout le seul glacier de la planète qui avance au lieu de régresser.

Mais ce qui ce qui est le plus fascinant dans ce glacier c'est sa mobilité. Il ne cesse de se rapprocher des rivages du Lago Argentino, se casse, se reforme pour se casser à nouveau mais gagne chaque fois un peu plus de terrain.
L'aménagement à l'intérieur du parc permet par le biais de passerelles d'approcher au plus près ce géant de glace. Reconnaissons aux Argentins leur talent pour l'aménagement de leurs réserves. Nous avions été impressionnés à Iguazu. Il en va de même ici.

Nous revenons éblouis à la voiture... Et constatons que pour la quatrième fois, nous avons creuvé. Allez, courage... Les pistes de pierres, c'est bientôt fini...

24 janvier: Le Fitz Roy

"Le Fitz Roy est cette montagne créée par Dieu pour écraser l'orgueil des hommes, et leur montrer leurs limites". Andréas Madsen (premier colon des lieux)
Notre petite cordée n'a eu comme prétention que de rejoindre le belvédère naturel, d'atteindre la laguna de los Tres puis le glacier Piedras Blancas. C'est la marche d'approche obligatoire pour toute personne qui entreprant l'ascension du Fitz Roy. C'est plus de quatre heures de marche et 800 mètres de dénivelé... Sauf qu'eux ont au minimum 18 kgs sur le dos... Alors oui Victor, c'est pas la peine de râler...
Le Fitz Roy ou Chalten de son nom Tehuelche signifie "la montagne qui fume". Les indiens pensaient qu'il s'agissait d'un volcan car son sommet est quasi perpétuellement chapeauté d'un nuage. Si son altitude n'est pas vertigineuse (3375m), ses parois granitiques le sont plus que de raison.
Le Fitz Roy et son massif portent en leurs seins certaines des voies les plus difficiles de la planète en raison de deux facteurs incontournables: la verticalité des parois sur plusieurs centaines de mètres et surtout des conditions météorologiques infernales.
L'aiguille Saint Exupéry est dégagée et nous avons une pensée émue pour Benoit Robert qui a ouvert une voie merveilleusement intitulée: "Les petits princes". Chapeau les Savoyards, Princes de la montagne sans aucun doute, vous êtes.
Je pourrais rester des heures assise là, à admirer cette eau turquoise léchée par des glaciers millénaires, mais une autre réalité s'impose à moi: près de cinq heures de marche nous attendent.
Derniers clichés...
Et en route pour la descente...
Mathias et Adrien partent en tête, Victor emboite sagement les pas de son père.
Dans la partie la plus raide de la descente, nous voyons un groupe de secouristes dont un est en train de hurler dans une radio qu'il n'est pas un magicien. En nous rapprochant nous comprenons un peu mieux la situation... Une jeune femme est allongée à demi consciente avec une fracture ouverte du tibia... Autre bémol: le brancard qui était sensé la ramener à El Chalten, a une toile entièrement fendue sur toute sa longueur... Alors oui, effectivement la rapatrier à la station relève du pur miracle!