09 février 2009

Un an déjà...

Il pleut... enfin.

La terre asséchée, les herbes jaunies, imploraient un peu d'eau depuis deux mois déjà. La sécheresse immense dont souffre l'Uruguay porte ses stigmates aux quatre coins du pays. Oui, ce sont bien des cicatrices, ces crevasses profondes sur une terre meurtrie.

Il pleut...

Et je me souviens...

Non pas de ce poème de Baudelaire, pourtant si cher à mon coeur. Non.

Je me souviens d'un certain 6 février 2008.

J'ai en mémoire cet aéroport, cette ambiance si particulière que l'on ne peut trouver que dans ces lieux: celle des "au-revoir". J'ai marqué au fer rouge les regards pleins de tendresse de nos proches, leur incrédulité, leurs doutes, la peur du vide et l'absence.

L'absence... Leur absence... Celle qui aujourd'hui est la plus lourde à gérer.

A ceux que nous avons laissé dans cet aéroport au nom pré-destiné, à nos familles, à tout ceux qui nous suivent, je laisse ces quelques vers de ce merveilleux poète Franco-Uruguayen à qui j'ai emprunté "Comme des voiliers":

Jules Supervielle

Adieu (extrait du recueil "Comme des voiliers")

Partout où nous vivons notre Rêve s'attache,

Par un lien étroit, invisible mais fort,

Un voyage soudain trouve en nous un coeur lâche

Et nous sentons qu'il neige au loin sur notre sort...

Il nous faut, pour quitter les lieux où nous vecûmes

Déchirer quelque chose au moment de partir,

Tout à coup nous avons comme un grand repentir,

Comme si nous quittions le Soleil pour les brumes.

1 commentaire:

Georges de La Fuly a dit…

Pardon mais je ne peux pas vous laisser dire que Supervielle était uruguayen ! Jules Supervielle est français ! Né en Urugay d'accord, mais français !