31 mars 2009

Rêve d'enfant...

Dimanche 29 Mars, plage de Jose Ignacio.

Après une semaine passée à Montevideo où les températures ne sont que très rarement passées en dessous de 30°, nous n'avions qu'une idée en tête: partir à peine la cloche sonnée pour Jose Ignacio. La journée du samedi fut caniculaire: pas un souffle de vent et plus de 34° dans la journée. Plus que jamais les enfants ont profité de la plage et de l'eau à 24° de l'océan.
Quant à moi, je suis restée spectatrice silencieuse devant tant de beauté. La lumière d'automne fait chatoyer les couleurs. Les bleus se font plus profonds, le blanc du sable prend des teintes dorées, l'écume ne m'a jamais semblé aussi argentée. La plage est quasi déserte, et au loin ne se profile même plus l'horizon. Mon bonheur réside dans la contemplation.
Le dimanche matin, nous partons vers 9H00. Même lieu, même magie. Soudain, à 200 mètres du rivage, un aileron fend l'eau, puis un second. Je n'ose y croire... Quand soudain, superbe et majestueux un "esprit de la mer" bondit hors de l'eau. Le spectacle auquel nous allons assister restera longtemps dans nos mémoires. Ce ne sont pas deux dauphins mais une quinzaine, qui ont élu, le temps d'une journée, la plage de la Huella pour aire de jeux!
Bien sûr, l'envie est trop forte. Le temps de réaliser, et je nage au milieu des dauphins, telle une joyeuse néréide! Loin d'être effrayés, ces derniers continuent leurs pirouettes et me gratifient de quelques saltos à moins d'un mètre de moi. Certains mesurent près de quatre mètres et s'élancent en l'air avec une grâce stupéfiante. Je ne peux décrire avec exactitude mon état à ce moment là... Plénitude serait simpliste, béatitude un brin galvaudé, extase est peut être le mot le plus approprié... En tout cas, euphorie est le terme juste pour décrire mon excitation quand trois bébés m'ont frolée et ont jailli hors de l'eau à portée de main...

24 mars 2009

L'enfant avait 10 ans...

Victor Hugo

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.
Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! la grave causerie
S'arrête en souriant.
La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.
Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés!
Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée! enfant aux cheveux blonds! bel ange
À l'auréole d'or!
Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encor vous regardez le monde.
Double virginité! corps où rien n'est immonde,
Âme où rien n'est impur!
Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers!
Seigneur! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !


Joyeux anniversaire, petit prince...

10 mars 2009

So for ever...


So sincère, So ma belle, So ma tendre, so sensible, so déchirante, so meurtrie, So rebondit, So resplendit, So s'effondre, So doute, no doubt, so quite, so nice, So forte, So danse, So en clé de sol, je danse aussi

So le temps qui fuit ne t'atteint pas, So les années passent et tu restes So, so belle, so douce, so indispensable, so présente, so So

So, je te vois, so près, So, de moi
So Soeur, petite soeur

08 mars 2009

8 mars: La femme en Uruguay.


8 mars 2009, Montevideo, Uruguay.

Journée de la femme.
Uruguay: plus de 3 millions d'habitants et 1,7 million de femmes.


Comme dans de nombreux pays de la zone "sud america", il n'existe vraiment que deux catégories socio-professionnelles de femmes: les domestiques, employées de maison et les autres. Celles-ci ont réussi ces dernières années une vraie mutation, passant de maîtresses de maison à des postes à responsabilité. Nombre d'entre elles sont architectes, notaires, avocates, medecins et réussissent plutôt bien dans ce pays de culture résolument machiste.

Dans ce pays libéral et laïque, les femmes ont eu le droit de divorce à partir des lois de 1907/1913; pour info ce n'est qu'en 1987 qu'une loi instaurant le divorce a été votée en Argentine... Elles ont obtenu le droit de vote en 1917 (les Françaises auront ce privilège en 1944...).

Au sein du foyer, la femme Uruguayenne est extrêmement maternelle, elle a une place centrale et est grandement entourée par sa famille (d'ailleurs elle ne change pas de nom au moment de son mariage et ne porte pas celui de son mari).

Très indépendante, la femme Uruguayenne est entreprenante et peut assumer jusqu'à trois emplois différents parfois dans une même journée.

Dans le triste registre des violences conjugales, on estime qu'une femme sur dix est victime de violences conjugales en France. Il en est de même en Uruguay. Actuellement en France, une femme meurt tous les quatre jours suite à des violences au sein de son foyer. En Uruguay une femme meurt dans les mêmes conditions tous les neuf jours. Ramené au nombre de femmes, le constat est le suivant: si en France 3 femmes sur 1 million meurent par an, en Uruguay le constat est alarmant: 2 femmes sur 100000 succombent sous les coups et blessures de leur conjoint.