27 octobre 2009

Oui... mais, voilà!

Les résultats sont officiels depuis ce matin. En obtenant 48,16% des voix au premier tour, le Frente Amplio obtient la majorité parlementaire, de deux sièges au sénat et d'un seul à l'Assemblée Nationale.
Les Uruguayens devront choisir fin Novembre leur Président.

En lisant les nombreux articles consacrés au sujet, l'on constate que les analystes dépeignent Mujica davantage comme un réformiste que comme un révolutionnaire. Il mettent en avant le fait que Mujica a promis de prolonger l'action du gouvernement sortant, qui a divisé le chômage par deux grâce à une croissance soutenue et renforcé les droits des minorités. Mujica a encore vanté samedi "la manière de gouverner" du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, chef de file de la gauche modérée latino-américaine, lors d'une dernière conférence de presse très cadrée, avec questions posées par écrit, après les polémiques provoquées par certaines de ses déclarations.

Car le problème est bien là... Mujica est incapable de contrôler ses propos. Ce septuagénaire au style vestimentaire informel et à la gouaille populaire a notamment qualifié ses voisins argentins de "totalement irrationnels" et affirmé que "la terre appartient à la nation". Cet homme est un vrai feu follet, réfléchissant après avoir parlé et causant ainsi de sérieux remous avec les pays voisins (pourtant de gauche). Dans cette campagne il a tout dit, et son contraire. Il s'est permis de juger de façon partiale le Brésil et surtout l'Argentine. Cela laissera des traces.

Autre fait marquant: si Mujica est élu, il deviendra le deuxième ancien guérillero à prendre le pouvoir par les urnes en Amérique latine, après le président du Nicaragua Daniel Ortega. Ce passé effraye encore une part de l'électorat conservateur. Mais je ne peux pas m'empêcher d'évoquer:
Le “capitaine” Chavez (aujourd’hui président et dictateur du Venezuela) était lui aussi un “chef révolutionnaire armé” en février 1992 quand, au nom de sa révolution, il a attaqué Caracas (la capitale) et tué des centaines de civils. Son coup d’état échoua et il fut condamné à 4 années de prison. Après deux années d’incarcération il fut “pardonné et reprit ses fonctions politiques et militaires”. Aujourd’hui ce même personnage condamne à 4 ou 5 années de prison les journalistes qui lui sont défavorables et emprisonne ses anciens compagnons révolutionnaires qui critiquent son despotisme de dictateur.
Citons également Fidel Castro, ce révolutionnaire-armé qui depuis 50 ans est le president-dictateur de Cuba. Il est vrai que celui-ci ne fut jamais “élu” car il n’y a pas d’élections à Cuba sous Castro. Même si “El Che”est partout sur les murs à Cuba, Fidel ne l’a t-il abandonné à son sort car devenant trop “populaire” et faisant “ombre” à son image internationale?
En cherchant bien on pourrait trouver d’autres révolutionnaires du passé qui sont actuellement presidents-dictateurs comme Mauricio Funes du Salvador. Ce personage, ancien journaliste membre du parti des révolutionnaires gauchistes Farabundo Martí National Liberation Front (FMLN), front révolutionnaire armé.
Voyons Evo Morales, actuel president-dictateur de Bolivie. Cet autre gauchiste prit le pouvoir à travers le terrorisme “intellectuel” des planteurs de “cocaïne” dont il était le dirigeant syndical. Il a par ailleurs fortement exacerbé au cours de sa campagne électorale le sentiment de haine de l'Amérindien envers le non Amérindien. Bien qu’il n’ait pas fait d’études, son “beau parler raciste” lui a ouvert la porte à la présidence. Aujourd’hui, il se sert de ces mêmes Amérindiens(avec l’appui financier de Chavez) pour terroriser les non communistes Boliviens et pour promouvoir le terrorisme au Perou.
Enfin, que penser de Correa en Equateur? N’a-t-il pas été élu grâce aux fonds monétaires des terroristes FARC de Colombie? Ne protège-t-il pas ces mêmes terroristes sur son territoire pour terroriser les civils de Colombie?
A 74 ans, Mujica tente de redorer son blason et d'apparaître aux yeux de la population comme un vieux et excentrique grand-père (qu'il n'est d'ailleurs pas, puisque n'ayant pas eu d'enfant). Il se réclame plus de la gauche modérée du Cône sud que des extrémistes d'Amérique Latine. Mais ses propos trahissent parfois ses réelles convictions politiques. Que se passera-t-il demain, quand ces présidents qui ont partagé les mêmes idéaux que Mujica, viendront revoir leur compagnon d'armes?

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