La plage et la lagune sont les mêmes pour tous. Certains y pratiquent la pêche à bord d'embarcations de fortune, afin de pouvoir nourrir leurs familles; d'autres le surf, le kite ou le windsurf. Nous sommes de l'autre côté de la Lagune, 500 mètres séparent ces deux mondes qui ne se cotoient pas.
Nous savions bien avant de venir que des disparités énormes existaient entre les classes sociales. Ceci est un lieu commun et une réalité pour toute l'Amérique du Sud. Néammoins je ne l'avais pas à ce point ressenti à Montevideo. Peut être parce que contrairement à d'autres populations sud Américaines, l'Urguayien déteste montrer ce qu'il possède. De fait, les maisons aux volets extérieurs toujours fermés, semblent banales, même si intérieurement ce sont pour certaines de vrais petits bijoux. Il n'existe donc que peu de disparités visuelles dans la ville même si certains quartiers sont plus bourgeois que d'autres.
Mais à José Ignacio, tout ces principes tombent. On est là pour être vu, le café coûte 120 pesos quand une grande partie des gens de cette région gagne 4000 pesos par mois.
Pour pouvoir se loger les pêcheurs s'installent dans des maisons de bois sans eau ni électricité, sur des terrains qui ne leur appartiennent pas et qui seront bientôt vendus à des Européens ou des Argentins à des prix qui dépassent l'entendement.
Ils perdront alors ce point de vue magique qu'est la laguna Garzon.
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