
Alors que l'hiver est encore bien présent en Uruguay, que les températures attendues pour la semaine prochaine ne dépasseront pas les 10°, et qu'il est donc à craindre une nouvelle recrudescence de cas de grippe H1N1 sur le territoire, je ne peux m'empêcher de vous raconter quel a été mon ressenti en arrivant en France début juillet.
Aussitôt débarquée à Lyon Saint Exupéry, j'ai eu l'impression d'être dans une adaptation d'un roman de science-fiction Orwellien. Ce sentiment s'est encore accentué en gare de Lyon à Paris. Je conçois que l'on respecte le principe de précaution, mais passer en boucle un message spécifiant les premiers signes de grippe et la conduite à tenir, va finir par lobotomiser ces pauvres Parisiens avant le début de l'hiver.
Cela donne à peu près cela: "En cas de symptômes grippaux (apparition brutale de fièvre de plus de 38 °C, accompagnée de toux, de difficultés respiratoires, de courbatures et de douleurs musculaires): les personnes présentant ces symptômes sont priées de contacter leur médecin par téléphone afin de voir avec lui de quelle manière procéder."
Le tout énoncé par une voix standardisée (type "annonce SNCF"), toutes les 5 minutes... Insupportable!
J'avais vraiment l'impression que si je mettais autour de mon cou un panneau: "J'arrive d'Argentine foyer maximal de la pandémie", j'allais d'un seul coup pouvoir enfin être seule dans la rame du métro... J'aurais dû essayer...
La première question qui m'est venue à l'esprit est: pourquoi? A cela plusieurs réponses qui ne sont sûrement pas l'objet de ce blog.
Alors pour faire simple et ne pas délirer dans les méandres de mes pensées fantaisistes, voici ce que nous avons vécu ici depuis plus de trois mois.
Fin juin nous étions en pleine pandémie. Plusieurs écoles étaient fermées et le lycée français ne comptait plus que 8 à 10 enfants en classe de primaire. Contamination ou peur de la contamination?
Quoiqu'il en soit le bilan dans ce pays fortement touché (puisque de source AFP le plus touché du cône Sud par rapport au nombre d'habitants) est celui-ci:
A ce jour l'Uruguay compte 25 morts de grippe (90% H1N1). Les autorités prévoient 80 morts avant l'été (21 décembre), soit au final, le même nombre de décés liés à la grippe que... l'année dernière.
So quid?
Tout au long de l'été, le gouvernement français n'a pas lésiné sur la communication. "La vigilance est de règle", n'a cessé de répéter la ministre de la santé, Roselyne Bachelot, notamment après que le professeur Bernard Debré eut qualifié ce virus de "grippette". "Le pays est prêt à affronter la grippe A", martelait à son tour le premier ministre, François Fillon. Puis le ministre de l'éducation, Luc Chatel, évoquait l'hypothèse d'une fermeture de "toutes les écoles", si nécessaire, avant d'assurer qu'il ne fallait pas "dramatiser".
"Le Monde" écrit: "Le gouvernement n'a-t-il pas abusé de la mise en scène de sa propre vigilance ? "Je préfère qu'on nous reproche aujourd'hui d'en faire trop plutôt que de nous reprocher dans trois mois de ne pas en avoir fait assez", vient de répliquer Mme Bachelot dans un entretien à L'Express. On la comprend : le traitement désinvolte, par le ministre de la santé de l'époque, de la canicule meurtrière de l'été 2003 est dans toutes les mémoires. En outre, la mission première des pouvoirs publics est d'assurer la protection des citoyens : mieux vaut donc appliquer le principe de précaution que de se trouver confronté à une pandémie incontrôlable et se voir accuser de négligence."
Certes.
L'exercice est d'autant plus délicat que les incertitudes sont multiples. Ainsi, on mesure encore mal le danger de ce virus H1N1, certes beaucoup plus contagieux qu'une grippe classique (ici près de 10% de la population a été à ce jour touchée), mais moins redoutable puisqu'il n'a jusqu'à présent causé, si j'ose dire, que 1 799 morts dans le monde. De même, il est difficile de prévoir quand aura lieu le pic de l'épidémie et si le vaccin en cours d'élaboration aura pu être administré auparavant. Mais la question est de savoir: quelle est la légitimité d'une vaccination à grande échelle? Sauf en cas de mutation du virus... Mais dans ce cas le vaccin en cours ne serait plus efficace...
So... Je reste perplexe?
Il y a eu 2000 morts l'année dernière en France liées au virus de la grippe. Combien cette année?...
Soit "on nous cache tout on nous dit rien" pour parodier ce cher Dutronc soit on nous prend tous pour des ....
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