Vivre en Uruguay sans aller passer quelques jours dans une estancia perdue dans le campo, c'est comme aller à Paris sans voir la tour Eiffel! Plus sérieusement, c'est méconnaître l'âme gaucho, la rudesse de ces hivers froids balayés par le pampero, la chaleur caniculaire de ces étés sans pluie, la rudesse de ces terres qui marque à jamais l'âme et les visages de ces peons solitaires. C'est l'identité de ce pays.
Seulement, être invité dans une hacienda c'est un peu compliqué et il faut bien dire que peu d'entre nous avons eu le privilège de vivre une telle expérience.
Aussi, quand mon amie T. m'a proposée de venir passer quatre jours dans l'estancia de ses parents, située entre Durazno et Tacuarembo (nord de l'Uruguay), mon bonheur était complet.
Nous sommes arrivés samedi en début d'après midi. Après 10 kilomètres de route non asphaltée, nous avons découvert la propriété. L'immensité du lieu nous a immédiatement saisi. 4000 hectares de campo, des milliers de vaches et de moutons, des chevaux galopant et ivrent de liberté. Au loin, les rivages du Rio Negro qui délimitent de ses teintes argentées, la fin du domaine... Sublime.
Aussitôt arrivés, aussitôt en selle!
Et cela donne ceci:

T. en pleine action et qui pendant quatre jours n'a cessé de seller et de deseller les six chevaux... Besos querida, et j'espère ne pas avoir trop déformé la tradition Criolla.
Comme un bonheur n'arrive jamais seul, M. s'est rapidement transformé en gaucho! Au bout de trois jours, ce poids léger partait au galop avec une assiette impeccable... Enfin c'est pas moi qui le dit, c'est T., puisque pour ma part je fermais les yeux pour ne pas voir le spectacle...
Notre petit V., au pas, mais heureux!
Pour faire les sangles et les rênes, les gauchos utilisent la peau des bêtes qu'ils coupent ensuite en fines lamelles et tressent avec soin. L'aspect du tressage est très semblable au "seden" camarguais, qui lui est fait avec le crin des chevaux.
Le lundi, une autre surprise nous attendait. Sachant que nous allions passer quelques jours, le père de T. avait décidé que ce jour là aurait lieu la fameuse Señalada. Une fois par an, à lieu cet évènement qui consiste à marquer les agneaux, leur couper la queue (à ras pour les femelles et légèrement plus long pour les mâles), les castrer et les vacciner.
Cela donne ceci:

Nos cinq garçons ont eu pour mission d'attraper les agneaux! Que du bonheur...
Une fois l'opération effectuée, les agneaux cherchent leurs mères qui pour l'instant n'ont pas été libérées! Le spectacle des retrouvailles est étonnant: les brebis sentent les agneaux pour savoir si ils proviennent bien de leur progéniture quant à ces derniers ils bêlent "maman".
Après vient le barbecue de queues de mouton. Délicieux! Non je rigole!
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