04 mai 2010

Jose Ignacio

La côte Atlantique uruguayenne s’étend de Punta del Este à Chuy, ville frontalière au Brésil. Ce sont près de 250 kilomètres de littoral qui courent sur deux provinces : Maldonado et Rocha. Si la très chic province de Maldonado a développé ces dernières années (de façon parfois un peu anarchique) le bétonnage de sa côte, Rocha a privilégié une orientation plus « nature » et mise son développement sur l’éco-tourisme. Il faut préciser que l’environnement exceptionnel de cette province qui ne compte pas moins de 4 lagunes sur son territoire (une partie de la laguna Garzon, la laguna Rocha, la laguna de Castillos et la laguna Negra) incite à un certain respect de la flore et de la faune.
Une fois passée la ville de Punta (véritable « must » pour certains, principalement Brésiliens, véritable enfer à mes yeux), se dévoile cette partie si belle de l’Uruguay. Des plages immenses aux larges dunes, un sable fin et blanc qui invite à la paresse. De nombreuses forêts de pins aux essences multiples mettent en éveil les sens, les cinq lagunes d’un bleu profond et aux formes improbables sont de véritables joyaux dans cet écrin sauvage où roseaux, joncs de mer, iris, oiseaux règnent en maîtres.
De nombreux villages qui initialement étaient habités par des familles de pêcheurs, ont peu à peu étaient transformés en « balneario » avec plus ou moins de réussite. Citons parmi eux : La Barra, La Paloma, La Pedrera, Cabo Polonio, Aguas Dulces, Angostura. Certains d’entre eux sont très « people », d’autres sont restés profondément modestes et simples. Mon cœur a toujours penché pour cette deuxième catégorie. Pourtant, tous mes principes se sont écroulés quand j’ai découvert « Jose Ignacio ».




En cours de construction, la future maison du millardaire Norvégien Alexander Vik, conçue et réalisée par Carlos Ott. Carlos Ott
Je ne manquerai pas de mettre de nouvelles photos quand l'ensemble de la maison aura été réalisée. Pour le moment seuls 1000m2 sont construits. L'oeuvre devrait avoisiner les 6000m2.
Carlos Ott

Oui ! J’aime Jose Ignacio. Peut-être comme j’aurais aimé Saint Tropez dans les années 50. Jose, comme St Trop est un village de pêcheurs construit sur une baie et la ressemblance topographique entre ces deux lieux est très troublante. Outre cet avis profondément subjectif, reste un autre point plus factuel: 60 ans après Saint Tropez, la commune de Jose Ignacio est devenue une station balnéaire plébiscitée par la Jet Set et les artistes. Aussi, tous les ans, au mois de janvier, le ballet des limousines commencent. Qui de Shakira, Naomi Watts, Naomie Campbell, Michael Schumacher, Zidane, Forlan sortira de l’une d’elles ? Tous ont une propriété dans les environs de Jose et tous se retrouvent pour le jour de l’an. Cette année nous avons même eu droit à la visite de Bruce Willis en guess star ! Pendant trois semaines, le village s’anime et tombe dans une fièvre peu commune où les nuits sont rythmées par le son, la lumière et la fumée des feux d’artifice et les journées passées à admirer les superbes modèles de Pancho Dotto qui déambulent sur la plage. Ce mois est donc particulièrement éprouvant ! Impossible de dormir de jour comme de nuit ! Dans le seul but de veiller à la pérennité de notre mariage, nous avons pris l’habitude de fuir Jose à cette période d’euphorie collective !



















Nous faisons donc partie de ces « happy few » qui fréquentent le village celui-ci déserté. C’est pour cela que je peux écrire : j’aime Jose Ignacio ! J’aime me promener dans ses ruelles désertées, à contempler les jeux d’ombre et de lumière sur les maisons au toit de chaume. J’aime monter au plus haut point de village et admirer l’océan qui vient s’écraser sur les rochers oblongs. J’aime ces réverbères en bois qui sous le joug des vents violents n’arrivent jamais à rester bien droits. J’aime l’architecture de ce lieu où les plus grands de la profession se battent pour obtenir un chantier. J’aime contempler les pêcheurs qui préparent leurs barques avant la nuit tombée. J’aime être seule dans ce village de paillettes car alors, alors seulement, il se pare d’un éclat exceptionnel. Il devient unique. Il est magique!


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